Un immense gâchis. Partout en France, les conteneurs recevant les vêtements usagés débordent. La situation ne va pas s’améliorer dans les mois qui viennent. Ce mardi, l’entreprise sociale Le Relais a annoncé qu’elle allait réduire drastiquement ses collectes de vêtements dans le cadre d’une grande réorganisation.
Une réorganisation lourde de conséquences
« Cette réorganisation représente environ 15.000 tonnes de collecte en moins et entraînera également la suppression d’environ 60 emplois d’insertion », indique Le Relais dans un communiqué. Membre d’Emmaüs France, cet acteur majeur va en plus retirer des conteneurs de collecte un peu partout en France.
Une dégradation économique insoutenable
Pour expliquer ce choix contraint, les responsables du Relais évoquent « une dégradation devenue insoutenable de l’équilibre économique de la filière ». En 2024, la structure avait récupéré 270.000 tonnes de fringues en plus ou moins bon état pour tenter de les valoriser. Un chiffre en croissance permanente, sous l’effet de la fast fashion.
Des tensions avec Refashion
Une grève des conteneurs avait même été entamée en 2025 pour mettre la pression sur Refashion, éco-organisme chargé de financer cette collecte. Ce dernier vient d’être sanctionné par l’État.
Qualité en baisse, coûts en hausse
D’autant qu’en plus d’avoir de plus en plus de vêtements à collecter, Le Relais voit « une baisse continue de la qualité moyenne des textiles collectés ». Quand les pièces sont belles, les Français préfèrent les vendre sur Vinted ou en braderie que de les donner. Les restes sont difficilement exploitables.
Des chiffres alarmants
D’après Le Relais, la valorisation des textiles « peut descendre autour de 150 euros par tonne » alors que le coût des collectes dépasse parfois les 250 euros. La flambée du prix des carburants n’a pas non plus aidé.
Vers une nouvelle régulation
Un nouveau cahier des charges de la filière est à l’étude et devrait entrer en vigueur au 1er janvier 2027. En France, près de 900.000 tonnes de vêtements, linge de maison et chaussures ont été mises sur le marché en 2024, un chiffre qui pose des défis en matière de gestion des déchets.



