Un nouveau revers judiciaire pour les promoteurs à Biot
Mercredi 20 mai 2026, le tribunal administratif de Nice a annulé le permis de construire accordé au promoteur Sagec pour un programme de 32 logements collectifs au chemin des Soullières, dans le quartier résidentiel de Biot. Cette décision fait suite à un recours déposé en 2024 par l'association de riverains Devenir du Quartier des Soullières (ADQS). Il s'agit du deuxième projet immobilier sur trois à être mis en difficulté dans ce secteur.
Un projet jugé inacceptable par les habitants
Le projet de Sagec prévoyait la construction de deux immeubles collectifs sur une parcelle de 3 500 m². Pour la municipalité et l'ADQS, cette perspective est inacceptable dans un paysage dominé par de petites villas. Le maire, Jean-Pierre Dermit, a indiqué avoir été contraint juridiquement de signer le permis après avoir perdu face au promoteur et au propriétaire du terrain. Il se félicite néanmoins du jugement, tout en reconnaissant que le dossier n'est pas clos.
Une victoire majeure pour les riverains
Xavier Arnail, président de l'ADQS, a qualifié cette décision de victoire majeure pour le quartier, affirmant que la mobilisation des habitants peut faire reculer des projets inadaptés. Le maire affirme avoir soutenu l'association, ce que conteste son président, qui déclare n'avoir reçu aucune aide.
Trois projets, des destins contrastés
Depuis 2019, la contestation s'articule autour de trois promoteurs le long du chemin privé des Soullières :
- Bouygues Immobilier : 87 logements, projet définitivement abandonné après des recours en appel de la municipalité.
- K & M Immobilier : 35 logements, projet en cours de réalisation après un long contentieux.
- Sagec : 32 logements, permis annulé par le tribunal.
Pour prévenir de futurs projets similaires, la commune a révisé son Plan local d'urbanisme (PLU) fin 2025, interdisant désormais les immeubles collectifs dans les zones pavillonnaires.
Un avenir incertain
Le promoteur Sagec dispose d'un délai de deux mois pour faire appel de la décision. Parallèlement, un nouveau projet pourrait voir le jour : deux propriétaires, dont celui initialement lié à Bouygues, se sont associés avec un promoteur pour un projet de villas, conformément aux demandes des riverains. Le maire a refusé de signer un permis modificatif en février, ce qui a conduit le promoteur et le propriétaire à engager une double procédure contre la Ville. De son côté, l'ADQS fait l'objet d'une procédure pour recours abusif intentée par le propriétaire du terrain.
Le dossier reste donc ouvert, et l'issue de ces nouvelles procédures déterminera l'avenir du quartier des Soullières.



