La filière des pompes à chaleur s'engage pour un million d'unités par an d'ici 2030
Ce mardi 26 mai, à l'Élysée, Emmanuel Macron réunit 200 acteurs de la filière électrique pour les inciter à investir dans l'électrification de l'économie. Au cœur des discussions : la production de pompes à chaleur (PAC). Selon nos informations, les industriels du secteur – Thermor, Mitsubishi, Bosch, Ariston, entre autres – doivent signer un pacte d'engagement visant à produire un million de PAC par an à l'horizon 2030. Cet objectif, initialement fixé par le président de la République en 2024 pour 2027, a été repoussé en raison d'un marché en récession et de l'instabilité des aides publiques comme MaPrimeRénov'.
Un marché en reprise après deux années difficiles
Après un recul des ventes en 2023 et 2024, l'année 2025 a marqué un tournant. Au premier trimestre 2026, les ventes de PAC air-eau augmentent de 6 à 7 %, tandis que celles des PAC air-air progressent de 20 à 25 %. Stanislas Lacroix, président d'Uniclima, explique cette reprise par la bonification par 5 de la prime CEE pour les produits fabriqués en France et en Europe. Cette dynamique devrait s'accélérer, mais franchir le cap du million d'unités reste un défi de taille.
Des investissements industriels pour doubler la production
Actuellement, la capacité de production française est d'environ 350 000 PAC par an. Pour l'augmenter, des acteurs majeurs investissent : le groupe Atlantic ouvre une méga-usine à Virey-le-Grand (Saône-et-Loire) pour produire 150 000 unités extérieures par an, tandis qu'Aldes ajoute une troisième ligne de fabrication à Châtillon-en-Vendelais (Ille-et-Vilaine). Ces projets s'appuient sur le crédit d'impôt pour l'industrie verte.
41 000 emplois à créer pour accompagner la montée en puissance
François Deroche, président de l'AFPAC, estime que doubler la production est réalisable, mais nécessite la création de 41 000 emplois supplémentaires : 6 000 à 7 000 dans la distribution, 14 000 pour l'installation et 11 000 pour la maintenance. Ce travail est déjà en cours, mais les industriels réclament une stabilité réglementaire et la fin du « stop-and-go » des aides publiques. Ils appellent à un engagement ferme du gouvernement pour accompagner la transition énergétique et répondre à la demande croissante des ménages qui abandonnent les chauffages fossiles.



