Un habitant de Nice milite pour un changement de nom du boulevard François-Grosso en boulevard Romain-Gary
Un riverain niçois, Henri-Louis Deiber, a adressé à notre rédaction un message exprimant son souhait de voir le boulevard François-Grosso rebaptisé en l'honneur de l'écrivain Romain Gary. Ce retraité, lecteur de Nice-Matin, explique que cette artère, qui relie la rue de France au parc Impérial dans le quartier des Baumettes, a abrité la pension Mermonts au numéro 7, tenue par la mère de Romain Gary. L'écrivain y a vécu plusieurs années avec elle, comme le rappelle une plaque commémorative apposée sur l'immeuble.
Un lien fort entre Romain Gary et Nice
Romain Gary, de son vrai nom Roman Kacew, est né en 1914 à Vilnius, en Lituanie. Arrivé avec sa mère à Menton en 1928, il a ensuite habité rue Shakespeare à Nice avant que sa mère ne devienne gérante de la pension Mermonts. Gary a vécu là jusqu'à son adolescence, puis est parti étudier à Aix-en-Provence et à Paris. Il est souvent revenu voir sa mère jusqu'en 1940. Ses cendres ont été dispersées en Méditerranée. Pour Henri-Louis Deiber, ce lien charnel et intemporel justifie amplement ce changement de nom.
Un écrivain majeur et protéiforme
Romain Gary est l'un des plus célèbres écrivains français, deux fois prix Goncourt (en 1956 sous son nom pour Les Racines du ciel, et en 1975 sous le pseudonyme d'Émile Ajar pour La vie devant soi). Il était aussi diplomate, aviateur de guerre, scénariste, cinéaste et Compagnon de la Libération. Sa vie romanesque, marquée par son mariage avec l'actrice Jean Seberg et son suicide mystérieux en 1980, fascine. Ses thèmes – identité multiple, exil, racisme, écologie – résonnent particulièrement aujourd'hui. Henri-Louis Deiber souligne que Gary, à travers son canular littéraire, a su se réinventer, et que ce nom apporterait une plus-value culturelle et touristique à Nice.
François Grosso, un philanthrope niçois
François Grosso, né à Nice en 1847, était un homme d'affaires et philanthrope. Président du tribunal de commerce, fondateur de la Caisse d'Épargne et du Mont-de-piété, il a aussi contribué à l'Acadèmia nissarda. Propriétaire d'un hôtel dans le quartier, il a légué sa fortune à la Ville de Nice pour la création de la Maison de la mère et de l'enfant. En reconnaissance, le conseil municipal lui a attribué un boulevard de son vivant en 1935. Il repose au cimetière du Château avec ses deux enfants décédés jeunes. Henri-Louis Deiber n'a aucun grief contre Grosso, mais estime que le lien avec Gary est plus fort.
Une démarche fédératrice
Henri-Louis Deiber espère que son initiative suscitera un engouement. Il a déjà mené des recherches approfondies et se passionne pour cet auteur. Il conclut : « En russe, Gary signifie brûler… pour mieux renaître. »



