Publicité : « Je suis une cartésienne qui vit avec des phénomènes bizarres », plongez dans l’univers de Mireille Calmel avant le Festival du livre de Nice. Autrice populaire avec plus de 4 millions de livres vendus, Mireille Calmel présente « Noces de cendres ». Un roman historique mêlant romance, malédiction et histoire qu’elle présentera au Festival du Livre de Nice.
Une malédiction bretonne au cœur du roman
Une malédiction. Des loups. Un homme aussi mystérieux que séduisant, proche de la reine Anne de Bretagne. Au milieu de cela, une jeune fille encore innocente qui rêve du grand amour. Dans Noces de cendres, Mireille Calmel plonge son lecteur dans la Bretagne du début du XVIe siècle. Un décor idéal pour parler d’emprise sur fond mystique. Un premier tome au terme duquel l’autrice laisse ses lecteurs en suspens, dans l’attente de la suite.
Autrice prolifique avec plus d’une trentaine de romans, elle a vendu plus de 4 millions d’exemplaires de ses livres en France. Suivie par une large communauté, elle sera l’une des personnalités les plus attendues du Festival du Livre de Nice. Des rendez-vous que Mireille Calmel apprécie : « Quand on écrit, on est seul. J’habite dans le Médoc, au milieu de la forêt. Ça fait du bien de voir du monde », sourit-elle avant de nous plonger dans son univers.
Un processus créatif unique entre rêves et recherches
Noces de cendres est votre 35e roman. Comment vous renouvelez-vous ? Attention, vous allez partir en courant (rires). Je travaille toujours de la même façon. Je suis une cartésienne qui vit avec des phénomènes bizarres. Tous mes livres naissent de la même manière. Je fais des rêves récurrents dans lesquels j’ai l’impression de m’asseoir dans un cinéma. Ça peut durer plusieurs jours. J’ai une histoire, des personnages, des lieux qui m’apparaissent. Ensuite, je commence mes recherches.
Quelles sont-elles ? Je vais sur les lieux, je m’intéresse à ces personnages que je ne connaissais pas, en plongeant dans des faits historiques que je n’avais jamais vus nulle part. Je fouille dans des archives, je sollicite des historiens locaux… et je finis par trouver une résonance avec les rêves que j’ai pu faire. Ces songes me donnent en général une dizaine de chapitres. Après, je reconstruis tout pour écrire l’ensemble.
Ces fameux rêves interviennent quand vous êtes dans une logique où vous savez que vous devez écrire ? C’est en permanence. Dès qu’un livre est terminé, l’autre me vient comme ça. Ce n’est pas toujours facile à vivre. Cela m’amène une matière que je ne serais pas forcément allée chercher naturellement et je plonge dans des légendes parfois improbables…
C’est le cas dans Noces de cendres, avec cette malédiction, les loups, les garous… Oui, au départ, on se dit : « Mais ça ne tient pas, ce truc. » Puis on creuse et on s’aperçoit que la légende a laissé des traces dans les régions concernées. C’est le cas pour celle-ci, qui est ancrée sur la presqu’île de Rhuys. J’ai retrouvé des documents commandés par Anne de Bretagne, dans lesquels la forêt de Kerbleiz a été retirée des cartes. Je suis allée sur place et j’ai retrouvé le fameux marais, qui a été assaini. Et sur une grande dalle, il y a la marque d’une patte de loup. Ça recoupe la légende, c’est forcément troublant. Après, comme dans toute légende, qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui ne l’est pas ? J’accepte de me dire que je traite la légende comme si c’était une réalité. Et puis les gens en font ce qu’ils veulent parce que, de toute façon, c’est un roman.
L’emprise des hommes sur les femmes : un thème intemporel
Au-delà de cette légende, votre roman parle d’emprise. C’était un thème que vous vouliez explorer ? C’est venu tout seul. Je ne fais pas de plan, j’écris à l’instinct. Et c’est devenu une évidence. L’emprise des hommes sur les femmes était une vraie réalité de l’époque. Mais c’est vrai que cela prend plus d’impact aujourd’hui avec la libération de la parole des femmes, où l’on voit qu’elle est ce qu’elle a toujours été : destructrice, violente, et qu’elle peut conduire à la folie. Ce qui semble très actuel aujourd’hui n’est jamais que le reflet de dizaines de siècles de soumission de la femme à l’homme. En revanche, dans le tome II, cela va s’inverser…
Vers de nouveaux horizons littéraires
Vous écrivez des romans historiques… Êtes-vous tentée par des choses plus contemporaines ? C’est en projet, car j’ai envie d’un nouveau terrain de jeu. Mais j’en ai déjà plein mes tiroirs ! Je suis restée dans l’historique car Le Lit d’Aliénor a explosé et, avec mon éditeur, nous avons tracé une route dans cette direction. Après, si j’écris autre chose, je sais que ce sera à la croisée de plusieurs genres. On me reproche d’ailleurs souvent d’être difficile à classer. Ça me va. Et puis les romans historiques permettent aussi de parler de problématiques contemporaines…
Noces de cendres, de Mireille Calmel, chez Xo éditions. 20,90 euros. 368 pages.



