À 60 ans, Michel-Ange entreprend en 1536 la réalisation d'une fresque monumentale sur le mur derrière l'autel de la chapelle Sixtine. Commandée par le pape Clément VII, cette œuvre illustre le Jugement dernier. L'artiste, déjà célèbre pour avoir peint la Création trente ans plus tôt dans la même chapelle, y consacre sept ans de sa vie.
Un chef-d'œuvre controversé
La fresque dépeint plus de 400 personnages, tous nus et musclés, dans des poses parfois jugées obscènes. Les élus montent au ciel tandis que les damnés basculent en enfer. Cette représentation choque les milieux ecclésiastiques, d'autant plus que l'Église, en pleine Contre-Réforme, lutte contre le relâchement des mœurs.
La censure posthume
En 1564, après la mort de Michel-Ange, 45 personnages sont « reculottés » par ordre du Concile de Trente. Au fil des siècles, la moitié de ces voiles de pudeur sera retirée, mais la controverse reste vive.
Le corps comme langage
Michel-Ange, qui se considérait avant tout sculpteur, utilisait le corps pour exprimer les tourments intérieurs. Ses études anatomiques, y compris des dissections, lui ont permis de créer des figures à la fois sensuelles et tourmentées. La fresque est ainsi un autoportrait de l'artiste face à la mort et à la damnation.
Le documentaire de Frédéric Biamonti (53 min) explore ce scandale et les dilemmes de Michel-Ange, entre sensualité homoérotique et peur de l'enfer. À voir dimanche 24 mai à 17h45 sur Arte et en replay.



